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Dans quels actifs investissent les assureurs ?

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23.05.2016

L’activité d'assurance repose sur la capacité des assureurs à tenir leurs engagements à l'égard de leurs assurés. A ce titre, les assureurs investissent dans différentes catégories d’actifs (placements financiers et actifs immobiliers) en représentation de ces engagements.

Les placements des assureurs, un enjeu pour leur solvabilité

La solvabilité des assureurs repose sur leur capacité à respecter les engagements contractés vis-à-vis des assurés et des bénéficiaires de contrats. Elle dépend de l’importance de ces engagements (garanties et protections offertes aux assurés) et des ressources dont disposent les assureurs pour y faire face. Afin de disposer des ressources suffisantes, les assureurs investissent les fonds confiés par les assurés sur différents types de placements.

Des règles strictes encadrent ces investissements tant en termes de nature et de répartition des actifs détenus que de durée de vie moyenne des actifs, car si la valeur des actifs diminue, la solvabilité est fragilisée. La directive Solvabilité II, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, repose sur un principe général d’ajustement du niveau des capitaux propres des assureurs aux risques réels de toute nature auxquels ils sont exposés.

Quels placements pour les assureurs ?

Avec un encours total de placements financiers de 2 187 milliards d’euros à fin 2015 (hors actifs immobiliers), le secteur de l'assurance joue un rôle de premier plan dans le financement de l'économie française.

Les actifs que les assureurs sont autorisés à détenir en représentation de leurs engagements sont répartis en grandes catégories :

  • les obligations (et autres titres de créance) : les obligations émises par les Etats, les collectivités locales et les entreprises représentent une part importante des portefeuilles des assureurs français (63 % des placements financiers des assureurs à fin 2015) car leur horizon de placement à moyen et long terme correspond à la durée des engagements pris par les assureurs pour de nombreux produits (assurance-vie, épargne retraite, etc.). Les assureurs disposent également d’une bonne visibilité sur le rendement courant attendu des obligations ;
  • les actions cotées et non cotées : les actions offrent aux assureurs des perspectives de rendement importantes mais, en contrepartie, celles-ci ne sont pas garanties. En effet, le niveau des dividendes annuels est variable. S’agissant du montant des plus-values de cession des actions, celui-ci dépend du jeu de l’offre et de la demande sur le marché ainsi que du contexte économique et financier ;
  • les dépôts et crédits ;
  • les titres d’organismes de placement collectifs (OPC) monétaires et non monétaires ;
  • les actifs immobiliers : les actifs immobiliers dans lesquels les assureurs investissent génèrent des loyers (rendement locatif]. Afin de limiter le risque de vacance des biens, les assureurs privilégient la qualité des immeubles, leur diversité (bureaux, commerces, habitations, etc.) ainsi que des locataires rigoureusement sélectionnés. Le choix des investissements immobiliers repose également sur la perspective de générer une plus-value lors de la revente des biens.

La structure du portefeuille d'actifs des assureurs doit répondre à des impératifs de sécurité (limitation de l'incidence du risque de marché), de liquidité (capacité à céder les actifs détenus dans de brefs délais) et de rentabilité. Afin d’éviter la concentration des risques, la réglementation fixe certaines limitations par catégories d’actifs.

La politique de gestion financière des sociétés d'assurances

La politique de gestion financière d’un assureur poursuit généralement plusieurs objectifs :

  • une allocation d'actifs adaptée aux engagements pris, notamment quant à leur durée et aux rémunérations prévues dans les contrats ;
  • la protection de la marge de solvabilité de l’assureur et de ses fonds propres ;
  • la réalisation de revenus (revenus financiers et plus-values réalisées sur cession d'actifs) qui viennent alimenter les résultats du groupe ainsi que la participation aux bénéfices versée aux assurés souscripteurs d’un contrat d’assurance vie.

Les assureurs peuvent souscrire certains produits financiers spécifiques afin de sécuriser leur résultat financier et de limiter les aléas dus aux marchés.

Quelle stratégie d’investissement pour Crédit Agricole Assurances ?

Dans la logique présentée ci-dessus, le groupe Crédit Agricole Assurances a établi une stratégie d’investissement qui combine le souci de préservation de la solvabilité du groupe avec la recherche d’un rendement récurrent des portefeuilles de ses compagnies.

Ainsi, les actifs du groupe Crédit Agricole Assurances sont constitués :

  • à 85 % par des actifs « taux » (dont le rendement est assis sur un taux d’intérêt),
  • et à 15 % par des actifs de diversification procurant des revenus grâce aux dividendes versés (actions) et aux loyers perçus (immobilier) complétés, le cas échéant, par la réalisation de plus-values.

Cette allocation apporte la sécurité requise en termes de récurrence des revenus mais également la rentabilité attendue. Elle intègre une capacité de portage des positions acquises dans une perspective de moyen-long terme en phase avec les caractéristiques des passifs (primes reçues) qui alimentent ces portefeuilles.

Pour maintenir la rentabilité de ses portefeuilles, le groupe Crédit Agricole Assurances apporte une attention particulière à saisir les opportunités que les évolutions économiques peuvent procurer. Ainsi, après avoir été le premier investisseur à souscrire à des obligations émises par des entreprises non-notées (EuroPP) dès 2012, le groupe poursuit ses investissements dans le secteur immobilier mais également dans le domaine des infrastructures délivrant des services essentiels (production et distribution d’énergie, transports, etc…).

Sources : FFSA – Banque de France- Crédit Agricole Assurances