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Téléconsultation : vraiment partie pour durer ?

En 2022, on consulte son médecin à distance tout comme on télétravaille sur Teams ou comme on prend l’apéro en famille sur Skype. Mais la téléconsultation est-elle vraiment partie pour durer ? Une étude Xerfi parue récemment fait le point sur les mutations de la demande et l’évolution de l’écosystème.

Téléconsultation : vraiment partie pour durer ?

Le tout distanciel à l’épreuve du « retour à la vie d’avant »

Ces deux dernières années, les espaces de rencontre et de sociabilité numériques se sont démocratisés rapidement à la faveur des confinements successifs. Les entreprises sont entrées - à marche parfois forcée - dans le monde télétravail, et les outils comme Teams, Zoom, Meet et Skype font désormais partie du quotidien des collaborateurs.

Toutefois la tendance au distanciel n’est pas un aller sans retour. Fin 2021, l’application HouseParty annonçait sa fermeture après avoir enregistré un record de 50 millions de téléchargements par mois au début de la pandémie. Quelques mois plus tard, c’était au tour de Google de faire un pas en arrière sur sa politique de télétravail en demandant à ses employés de revenir au bureau progressivement.

Côté santé aussi, l’effet « bulle » autour de la téléconsultation s’est partiellement dégonflé après l’engouement initial. D’après Xerfi, le nombre de téléconsultations est passé de 18 millions en 2020 à 13 millions en 2021. Pour 2022, les projections sont encore à la baisse avec 11 millions de consultations.

Chez Crédit Agricole Assurances deux phénomènes s’observent. Du côté des actifs, couverts par le contrat santé de leur entreprise, le nombre consultations à distance a été multiplié par 10 entre 2019 et 2021. Une population qui a peut-être commencé à prendre ses habitudes car la tendance reste haute en 2022.

Au contraire, du côté de la complémentaire santé individuelle, majoritairement souscrites par des seniors et des personnes sans activité, l’usage ne s’est pas encore démocratisé.

Néanmoins les innovations se poursuivent en collectif comme en individuel avec pour 2023, la sortie de la téléconsultation écrite. Il s’agit de pouvoir chater avec un médecin. Un service simple d’usage, confidentiel et rapide.

Téléconsultation : un écosystème déjà bien structuré et performant

Le retour à des standards pré-covid n’est toutefois pas envisagé, loin de là ! En 2019, il y avait eu à peine 100 000 téléconsultations remboursées en France : un total qui reste 100 fois inférieur au niveau actuel.

La différence, c’est que l’écosystème s’est structuré à grande vitesse en deux ans. En parallèle, les médecins se sont formés et les patients ont pris de nouvelles habitudes :

  • 1 Français sur 5 a déjà eu recours à la télémédecine ;
  • 7 médecins sur 10 ont déjà effectué une téléconsultation ;
  • 500 millions d’euros, c’est le montant d’équipements de téléconsultation qui a été remboursé aux médecins par l’Assurance Maladie ;
  • 64 startups françaises sont aujourd’hui spécialisées dans les outils et les solutions de téléconsultation.

Selon Xerfi, la demande est là et le potentiel de développement du marché est élevé à horizon 2024 sur tous les segments identifiés :

  • Cabinets médicaux virtuels pour professionnels de santé ;
  • Équipements mobiles de téléconsultation ;
  • Services de téléconsultation / téléconseil médical à la demande ;
  • Cabines et bornes fixes de téléconsultation.

Doctolib, le champion européen de la télémédecine

Dans ce nouvel environnement, un acteur sort du lot. Doctolib s’est imposé comme le leader de la prise de rendez-vous en Europe. Un « rouleau compresseur » qui ne cesse de creuser l’écart en termes de services additionnels et de puissance de frappe commerciale.

C’est même la locomotive qui entraîne tout l’écosystème d’après Xerfi: la plateforme a ancré dans les usages la prise de rendez-vous digitale et elle agit comme un catalyseur de la diffusion des nouveaux services auprès des patients et des médecins. De manière durable ?

Malgré un net recul du nombre de téléconsultations ces deux dernières années, l’étude souligne un potentiel de développement encore conséquent. Plusieurs facteurs devraient d’ailleurs alimenter cette tendance : le rajeunissement au sein de la profession, les efforts des pouvoirs publics, et l’augmentation des moyens des opérateurs. La télémédecine paraît marquer le coup, en réalité elle se prépare à décoller.

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