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Les assureurs ont conscience du fort potentiel des pays émergents

Les pays émergents* sont depuis les deux dernières décennies un moteur majeur de la croissance de l’activité des compagnies d’assurance. Les primes y ont d’ailleurs encore crû en 2016 de 14% contre 0,7% dans les pays avancés. Cette tendance devrait se poursuivre dans les années à venir. La preuve en quelques chiffres.

Les assureurs ont conscience du fort potentiel des pays émergents

Les marchés émergents représentaient en 2016 (selon les chiffres de Swiss Re) 20% des primes mondiales (vie et non-vie) contre à peine 5% en 2000. Mais, cet essor doit être mis en regard de leur part dans la population mondiale (86%) et dans le PIB mondial (40%).

Dans le détail :

  • Les dépenses moyennes par habitant en assurance se sont élevées à 149 dollars en 2016 dans les pays émergents contre 3.505 dollars dans les pays développés.
  • Le taux de pénétration moyen, qui se calcule par rapport au PIB, a atteint 3,2% dans les économies émergentes contre 8,8% pour les plus avancées.

Des résultats qui s’expliquent par une couverture assurantielle insuffisante des populations aux revenus les plus faibles. En cause, une carence de solutions d’assurance abordables et disponibles, un manque de culture du risque et des réglementations fragmentées.

Malgré des disparités, les pays émergents présentent certaines caractéristiques communes :

  • Un dynamisme économique, un marché intérieur en expansion et l’émergence rapide d’une classe moyenne aux aspirations proches de ceux des pays développés, notamment en matière de dépenses de santé et de prévoyance.
  • De grandes différences de revenus entre les populations. Les inégalités entre les ménages les plus pauvres et les plus aisés sont supérieures à la moyenne des pays de l’OCDE.

Le nombre de personnes à très faibles revenus (et particulièrement celles travaillant dans le secteur informel) ayant besoin d’une assurance est estimé entre 3 et 4 milliards (selon une étude d’Accenture), soit un marché potentiel de 30 à 50 milliards de dollars en termes de primes d’assurance. Ces individus se trouvent sans protection contre les chocs externes tels que la maladie, les catastrophes naturelles et les accidents.

Face à cette situation, la solution la plus adaptée est la micro-assurance. L’enjeu pour les assureurs consistera à terme à inciter les millions d’assurés ayant opté pour ce produit à souscrire des services d’assurance traditionnels. 

Deux autres facteurs soutiennent la tendance :

  • Les besoins dans le domaine agricole sont immenses, en dépit d’une urbanisation galopante. L’agriculture reste un moteur essentiel du développement économique des pays émergents. L’assurance agricole pourrait même tripler d’ici à 2025, pour avoisiner 15 milliards, selon Swiss Re. Elle permet de garantir aux agriculteurs des ressources stables, et par conséquence, leur donne accès au crédit pour investir dans leur exploitation, et ce, dans un contexte de changement climatique et de volatilité des prix des matières premières agricoles.
  • La réduction des zones blanches : les zones rurales sont de plus en plus couvertes par la 3G/4G réduisant l’écart entre population rurale et urbaine. Selon l’association mondiale des opérateurs mobiles (GSMA), 80% des clients de micro-assurance ont d’ailleurs souscrit leurs produits directement via leur téléphone mobile.

Pour conquérir les marchés émergents, les assureurs doivent se montrer innovants en proposant des offres et des canaux de distribution adaptés à la clientèle locale. Dans certains cas, il est parfois préférable de nouer des partenariats avec des acteurs locaux dans une optique d’investissement sur le long terme. Il faut aussi savoir que beaucoup de pays émergents, Chine en tête, font preuve de protectionnisme afin de faire prospérer des acteurs financiers nationaux.

Fondation Grameen Crédit Agricole
Créée en 2008 par le Crédit Agricole et la famille bangladaise Grameen du Prix Nobel Muhammad Yunus, la fondation Grameen Crédit Agricole a pour objectif de lutter contre la pauvreté dans le monde en promouvant le micro-crédit et la finance inclusive. Son activité s’articule autour de quatre métiers : elle accompagne et finance des institutions de micro-finance locale, prend des participations au capital d’entreprises qui se développent selon le concept de « social business », participe à des travaux de recherche sur la micro-assurance agricole pour protéger les petites exploitations rurales contre les aléas de la vie et de la nature, et mène une mission de plaidoyer (c’est-à-dire de promotion des investissements socialement responsables). La fondation intervient dans 28 pays et soutient 69 plateformes partenaires qui elles-mêmes financent les bénéficiaires finaux. Ses engagements s’élevaient à 66 millions d’euros au mois de février 2018. Elle vient en aide en priorité aux populations rurales et aux femmes.

* pays qui se distinguent des autres pays de leur catégorie (pays en développement) par des résultats macroéconomiques (production industrielle, emploi) supérieurs et un taux de croissance élevé. La Chine, l’Inde et l’Indonésie, ainsi que les pays d’Amérique latine comme le Brésil et l’Argentine sont régulièrement associées à cette catégorie (source : Larousse).

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