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Brexit : quelles conséquences pour le secteur de l'assurance ?

Le Brexit, qui ouvre la voie à une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne d'ici deux ans, fait craindre des incidences négatives sur le secteur de l'assurance. Mais certains acteurs considèrent que ce processus inédit offre également la voie à des opportunités, sous réserve que des règles de concurrence soient respectées.

Brexit : quelles conséquences pour le secteur de l'assurance ?

De nouvelles opportunités pour les autres capitales européennes

Première conséquence du Brexit : la fin du « passporting ». Obligatoires pour commercialiser des services financiers au sein de l’Union, les passeports ne seront plus délivrés aux opérateurs installés au Royaume-Uni. Ils verront alors leur activité en Europe directement touchée. Une opportunité pour des pays comme l’Irlande, le Luxembourg, mais aussi pour des villes comme Bruxelles, Francfort ou Paris qui souhaitent attirer les compagnies résolues à s'exiler.

Dès mars 2017, American International Group (AIG) a pris les devants et annoncé l'ouverture « d'une base au Luxembourg ». Dans la foulée, Lloyd's of London, le marché d'assurance et de réassurance londonien, faisait savoir qu'il étudiait une solution de repli à Bruxelles ou à Luxembourg. De son côté, HSBC a annoncé qu'elle allait déplacer un millier d’emplois de Londres vers Paris.

Les atouts de Paris pour séduire

Premier marché de l’assurance en Europe après le Royaume-Uni, avec 205,7 milliards d’euros de cotisations en 20151, la France entend bien jouer sa partition.

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Les points forts de la France, ce sont sa place financière sophistiquée, son microcosme financier compétent, avec par exemple les meilleurs actuaires au monde, et un système de réglementation robuste et efficace.
Marc Perrone
Directeur du département réglementation bancaire et financière du cabinet Linklaters[2]

Paris fait également valoir une attractivité nouvelle pour les équipes, avec un régime pour les impatriés dont le dispositif a été allongé de cinq à huit ans, sans oublier l'exonération de taxe sur la « prime d'impatriation ».

Une exigence de réciprocité

Le Brexit pourrait également engendrer son lot d'opérations de fusion-acquisition : dans une étude, le cabinet Mercer a identifié des assureurs chinois et japonais qui se tiennent en embuscade pour tenter de racheter certains acteurs britanniques.3

Enfin, quid de l’avenir de Solvabilité II ? 

Les assureurs au sein de l’UE vont-ils être pénalisés par son application face à leurs voisins britanniques ? Christophe Pardessus, directeur sinistres, juridique et conformité de Marsh France, interrogé par La Tribune de l’assurance, se montre plutôt optimiste : 

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À court terme, si la Grande-Bretagne n’applique plus Solvabilité II, ses conditions d’activité seront peut-être moins contraignantes. Mais à long terme, cela signifie que le secteur de l’assurance britannique pourrait être fragilisé. (...) Il me paraît difficile que les Britanniques fassent cavalier seul en matière de réglementation. Je pense qu’ils vont rester proches du droit des assurances européen.[4]
Christophe Pardessus
Directeur sinistres, juridique et conformité de Marsh France

Sources : 

1Insurance Europe, European Insurance in Figures, décembre 2016
2Brexit : la place de Paris affûte ses arguments d’attractivité, La Tribune, 16 novembre 2016
3« Brexit : une chance pour l'assurance française ? », La Tribune de l'assurance,1er juin 2017.
4« Brexit : une chance pour l'assurance française ? », La Tribune de l'assurance,1er juin 2017.

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