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Agriculture connectée : l'innovation est dans le pré

Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), en 2050, nous serons près de 10 milliards d'êtres humains sur la planète. Les surfaces cultivables mondiales, quant à elles, ne devraient augmenter que de 4%.

Des perspectives inquiétantes, qui poussent le monde de l’agriculture à embrasser une véritable révolution technologique. Bienvenue dans l'ère du smart farming*

L'intelligence artificielle à tous bouts de champ(s)

Aujourd'hui, de plus en plus nombreux sont les agriculteurs qui recourent à des innovations de pointe pour optimiser leurs exploitations et augmenter les récoltes efficacement. Drones, tracteurs autonomes, caméras thermiques, machines de traite connectées, capteurs d'humidité etc. sont autant de technologies qui permettent de produire plus et surtout mieux. Pour traiter la masse de données générées par ces technologies, l'intelligence artificielle s’avère alors utile aux agriculteurs.

Ainsi, en s'appuyant sur des paramètres issus de l'analyse des sols, de l'état des semences, des variations météorologiques ou encore des niveaux d'irrigations, les agriculteurs seront aidés dans leurs décisions pour savoir où, quand, comment et quoi planter, mais aussi quand récolter et comment se préparer aux évènements climatiques.

Une chose est sûre, l'AI-culture est un marché fertile : d'après Research and Markets, le marché mondial de l’Intelligence Artificielle en matière d’agriculture été évalué à près de 518,7 millions de dollars en 2017 et devrait se développer de plus de 22,5% pour atteindre 2.6 milliards de dollars d’ici 2025.
 

Drones : l'avenir de l'agriculture est-il dans les airs ?

Ils sont les nouveaux meilleurs alliés des agriculteurs, les drones peuvent aujourd'hui réaliser des tâches complexes et variées sur demande.

Véritables laboratoires volants, les drones agricoles peuvent surveiller et observer l'évolution d'une exploitation et ainsi collecter un grand nombre de données (relevés hydrométriques, hauteur de pousses ou état des semences etc.) afin d'analyser l'état de santé de sols et de cultures diverses. Certains drones sont déjà capables d’effectuer des prélèvements au sol ou encore d’appliquer des engrais ou herbicides de façon très localisée.

D’après une étude de PwC, le marché mondial des drones agricoles devrait exploser d’ici 2025 pour peser plus de 32 milliards de dollars. Précis et encore assez peu couteux, les drones sont des outils très rentables pour un exploitant agricole. Selon une étude de la coopérative OCEALIA, dans l’ouest de la France, le rendement des récoltes analysées par un drone augmenterait de 10% par rapport à une exploitation standard.             

En France, la startup Airinov créée en 2010, est leader sur le marché des drones agricoles avec un chiffre d'affaires en 2016 de 2,5 millions d'euros et près de 80% de vols de drones agricoles déclarés. Elle se tourne désormais vers l'international, notamment en Europe de l’Est et au Maghreb.

 

Agriculture de précision : quand CAA innove

Parmi les grands défis de demain figure le changement climatique, et ses impacts sur les exploitations agricoles. En 2015, Pacifica a lancé son premier contrat d’assurance issu de recherches scientifiques : l’Assurance des Prairies.

Cette assurance permet de verser un capital à un éleveur dont les prairies subissent une baisse de production suite à un événement climatique. Cette baisse de production est mesurée par satellite à l’échelle de la commune grâce à un Indice de Production Fourragère (IPF) développé par Airbus Defence and Space et Pacifica.                
La corrélation entre cet indice et la pousse réelle a été scientifiquement établie par cinq années de recherche.

En 2017, un nouveau protocole scientifique a été lancée afin d’enrichir l’évaluation de l’indice de production fourragère utilisé.

A partir de l’expérience en France avec l’Assurance des Prairies, Crédit Agricole Assicurazioni, filiale d’assurance dommages de Crédit Agricole Assurances en Italie, propose « Protezione Foraggio-SAT ». Une offre entièrement revisitée et adaptée aux spécificités du marché italien qui permet de rembourser le client pour la perte de production de prairies due aux conditions climatiques défavorables.

Agriculture numérique : la France est-elle prête ?

En France, les agriculteurs sont la catégorie socioprofessionelle la plus connectée. 81 % des agriculteurs utilisent Internet au moins une fois par jour pour leur activité agricole** (météo, données d’exploitation, services bancaires, actualités pro-agricoles…etc.).

Bien loin d’être en marge de la société numérique, l’agriculteur d’aujourd’hui est bel et bien ancré dans le XXIème siècle.

Déjà référence mondiale en termes d’agriculture, et séduite par les avancées de l’intelligence artificielle, la France ne semble pas vouloir louper le rendez-vous du smart farming.

 

A l'échelle européenne, la France est aujourd'hui à la pointe en matière d'agriculture digitale. L’Agritech, réunissant agriculture et numérique, est un monde en pleine évolution. En février 2018, le fond d’investissement Xange recensait plus de 250 startups prometteuses mêlant agriculture et numérique. La Ferme digitale, pépinière Agritech, observait notamment qu’une large part des start-up de l’agritech étaient fondées par les enfants d’agriculteurs, répondant à de réels besoins sur le terrain.


*smart farming = agriculture intelligente 
**selon une étude Agrinautes 2016 du ministère de l’agriculture et de l’alimentation

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