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Drones, algorithmes, smartphones… ces nouveaux outils d’évaluation des risques

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06.11.2017

Les assureurs utilisent de plus en plus les nouvelles technologies, drones, algorithmes, pour évaluer les sinistres individuels ou les dégâts lors de catastrophes naturelles. Ces nouveaux outils permettent d’améliorer l’évaluation des dégâts et de réduire le temps de traitement entre le moment du sinistre et l’indemnisation. Un gain de temps précieux pour l’assureur et l’assuré. Quelques exemples concrets de leur utilisation.

Les moyens aériens

Après le passage du cyclone Harvey, les assureurs présents au Texas ont déployé des armées de drones, pour inspecter le terrain. Farmers Insurance estime que grâce aux drones, un expert peut traiter trois maisons endommagées en une heure.

Pour éviter de tourmenter ses assurés texans, le spécialiste de l'assurance automobile Esurance a eu recours à l’analyse prédictive. Peu avant le passage du cyclone, il a réservé plusieurs avions, qui permettent une plus grande flexibilité de prise de vue que les drones. A la réouverture du trafic aérien, cette flotte d'avions a été mobilisée pour effectuer un repérage photographique des zones inondées.

Une fois ces données collectées, des algorithmes ont estimé le degré de dommage des véhicules des assurés en fonction de plusieurs critères, comme la profondeur d’eau vue du ciel dans laquelle ils ont été endommagés.

Une estimation par MMS

Après une première expérimentation en 2016, incluant l’analyse de plusieurs milliers de clichés de voitures endommagées, la filiale britannique du groupe belge Aegas est désormais capable, grâce à l’Intelligence Artificielle, d’évaluer les réparations à effectuer à partir de simples clichés. Cette technique permet aussi de mieux prévenir la fraude. Dès que la machine repère une anomalie (sur les photos ou avec la déclaration), elle le signale, et un gestionnaire de sinistre prend le relais.

Cet outil, baptisé "AI Approval," a été développé par la Fintech Tractable. Le traitement des réclamations peut être fait en quelques minutes. Cela permet de dégager du temps aux experts pour se consacrer à des cas plus complexes.

Depuis 2011, Pacifica propose une application de gestion des sinistres.

Des initiatives identiques sont proposées au sein du groupe Crédit Agricole Assurances. Depuis 2011, Pacifica propose une application de gestion des sinistres. La fonctionnalité principale, « Déclarer un sinistre », permet de saisir directement les circonstances de l’accident et de joindre jusqu’à cinq photos pour compléter la déclaration. Ce mode de déclaration est entièrement intégré aux process de Pacifica afin de garantir une prise en charge optimale de la déclaration.

Il en va de même au sein de notre filiale italienne Crédit Agricole Assicurazioni qui, à l’instar de Pacifica, a lancé son application l’an dernier. Les assurés peuvent déclarer directement depuis leur mobile, leurs sinistres concernant l’assurance voiture, la couverture personnelle et l’assurance habitation.

 

Gare aux fraudeurs

Plus près de chez nous, la start up française Shift Technology, fondée en 2013, permet aux assureurs de détecter la fraude plus rapidement.

L’apprentissage automatique (machine learning) basé sur l’intelligence artificielle (IA) a déjà passé en revue pour ses clients plus de 86 millions de réclamations pour tous types de dommages (auto, habitation). Les algorithmes de détection développés (sur la base du savoir-faire des experts anti-fraude) repèrent la fraude avec 75% de réussite.

Ils sont aussi capables de repérer, ce qui est plus difficile, des escroqueries en bande organisée. Cet outil se limite cependant à avertir les gestionnaires de fraude, qui pourront ensuite lancer des investigations plus approfondies.

 

Il est intéressant de voir que ces innovations émergent en même temps dans trois pays différents : La France, les Etats-Unis et l'Angleterre. Elles ont en commun de ne pas faire disparaitre le rôle des experts et elles génèrent un gain de temps considérable. Elles sont plébiscitées par les assurés. Ce n’est que le début : certaines compagnies envisageraient même à terme, grâce à des modèles prédictifs, de rembourser les assurés avant le passage des cyclones.