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L’assurance auto connectée en France

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18.09.2017

Le marché de l’Internet des Objets connaît une expansion vertigineuse. Le nombre est estimé à plus de 8 milliards aujourd’hui et il est attendu qu’il dépasse les 50 milliards en 2020. Ces objets ouvrent de nouvelles perspectives pour le monde de l’assurance et particulièrement en automobile. Mais entre concept et la mise en œuvre demeure le principe de réalité.

Etats-Unis, Italie et Royaume uni : les champions

L’assurance automobile fait partie des secteurs impactés par l’Internet des Objets. Les précurseurs en la matière sont les Etats-Unis avec plus de 4 millions de polices. Ces produits s’appuient sur des technologies particulières à l’image des « boîtes noires » placées sous le capot de la voiture, ou encore des dongles OBD2. Un dispositif se branchant dans le port On-Board Diagnostics dans l’habitacle du véhicule et permettant de fournir des données de conduite.

En Europe, l’Italie et le Royaume-Uni font figure de leaders. Le premier a vu un modèle traditionnel de «Black Box» se développer pour faire face à des niveaux de fraude très élevés, complété par des services additionnels pour rassurer et fidéliser les conducteurs au comportement vertueux et responsable sur la route.

A fin 2016, l’assurance automobile connectée en Italie représentait 4,8 millions de contrats.

A fin 2016, l’assurance automobile connectée en Italie représentait 4,8 millions de contrats soit un taux de pénétration du marché de l’assurance auto d’environ 16%. Dans une moindre mesure, l’assurance connectée a aussi le vent en poupe au Royaume-Uni et connaît une progression constante depuis plusieurs années pour cumuler 750 000 polices.

Un démarrage plus progressif en France

La France, quant à elle, est moins touchée par cette tendance. Les débuts de l’UBI (assurance basée sur l’usage) ont été timides et semés d’embuches à la fin des années 2000. Des initiatives d’acteurs sur des modèles Pay AS You Drive (PAYD), avec un paiement de la cotisation basé uniquement sur le kilométrage parcouru, n’ont pas rencontré le succès escompté. Ces offres étaient perçues comme contraignantes, de par l’installation d’un boîtier sur la batterie du véhicule, et l’intervention systématique d’un garage. 

C’est en 2015 que le mouvement réapparait sous une nouvelle forme, le Pay HOW You Drive (PHYD). Ce nouveau modèle, plus sophistiqué, est basé sur un score de comportement de conduite défini par plusieurs critères (accélérations, freinages etc.) et permet d’avoir accès à des récompenses tarifaires et à des services supplémentaires. Même si le marché français propose en moyenne des tarifs moins élevés que ses voisins européens, beaucoup d’assurés demeurent sensibles à une baisse des prix. Des réductions pouvant aller jusqu’à 50% sur les profils jeunes par exemple, sont très attractives en termes de communication. De plus, les comportements responsables et la notion d’éco-conduite sont des thèmes en vogue auprès des conducteurs. Enfin, la Loi Hamon, même si elle n’a pas provoqué le big bang annoncé, oblige les acteurs à réfléchir sur des leviers de différenciation, dans un marché très standardisé, pour conserver les contrats en portefeuille. Néanmoins, les assureurs français ont des niveaux de maturité très divers : tests, lancements et refontes de produits se succèdent depuis 2015. Les modèles de construction des offres sont aussi très différents : un nouveau produit spécifique, une option dans le cadre du contrat classique (payante ou non), ou simplement un service additionnel. 

La question de l’usage des données

Le développement de ces services pose toutefois un problème par rapport aux données transmises à l’assureur par l’assuré.

 

Malgré les intérêts des offres connectées, des réticences subsistent en France parmi les assurés sur l’utilisation des données récoltées par les assureurs : certains appréhendent un manque de confidentialité (58% des préoccupations) ou encore redoutent que l’analyse des données se traduise par une augmentation des primes (19% des préoccupations) même si à ce jour aucun assureur français n’envisage de faire évoluer les tarifs à la hausse en cas de mauvaise conduite. Un travail de transparence et de communication est nécessaire de la part des assureurs se positionnant sur le sujet pour rassurer les clients et gagner leur confiance.

 

Bien que les assurances auto connectées demeurent aujourd’hui marginales et soulèvent des questions importantes comme celle de la confidentialité des données, une évolution significative du marché est attendue dans les années à venir : le cabinet Deloitte estime que 17% du marché européen devrait être concerné à horizon 2020, ce qui représenterait 17 milliards d’euros de primes.

 

Sources : Livre blanc CISCO – Internet of Everything ; FFA, Etude Deloitte, Etude de BIBA (British Insurance Brokers’ Association), Janvier 2017 ; Etude européenne Deloitte sur l’assurance automobile - 2e édition