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"Pour une politique engagée en faveur de nos forêts"

Tribune de Caroline Nicaise, Directrice RSE de Crédit Agricole Assurances

 

La forêt couvre 31 % du territoire français, soit près de 18 millions d’hectares. Une surface en augmentation depuis le milieu du XIXe siècle. Cette bonne nouvelle ne doit cependant pas masquer les nombreux défis que constituent la préservation et la protection de ce patrimoine naturel. La forêt est évidemment un composant essentiel de la lutte contre le réchauffement climatique, mais aussi un outil de prévention contre les catastrophes naturelles, un secteur économique de poids et une source de santé/ bien être.

Un antidote contre les catastrophes annoncées

Face à l’ambitieux objectif fixé lors de la COP21 de limiter la trajectoire des températures mondiales à moins de +2°C d’ici 2100, les outils politiques ou financiers sont souvent évoqués. Ces stratégies ne doivent pas nous faire oublier que l’un des moyens les plus efficaces pour faire face à l’urgence climatique est à notre portée, parfois même au bout de notre rue. Il s’agit des forêts. Elles demeurent le premier puits de carbone terrestre. Avec cet avantage unique : pouvoir stocker durablement le CO2, en transformant ensuite le bois en matériaux ou produits. Autre atout majeur, les forêts contribuent à la régulation des températures. Des arbres stratégiquement plantés en ville permettent d’y réduire la température ambiante de 2 à 8 degrés, sous l’effet conjugué de l’ombre qu’ils procurent et de l’humidité qu’ils génèrent. Ils permettent aussi d’atténuer les épisodes extrêmes, comme les canicules. 

Captation des émissions de CO2 et abaissement des températures, la forêt contribue aux deux principaux leviers d’action contre le réchauffement climatique. Elle devrait aujourd’hui faire partie intégrante des politiques menées en ce sens. Quant à ceux qui auraient encore du mal à se projeter à l’horizon de 2100, l’actualité de ces derniers mois – inondations, glissements de terrains, crues – plaide pour une prise de conscience : l’urgence de protéger les forêts. Le sol forestier a une capacité d’absorption de l’eau six fois supérieure à une surface enherbée. 

Évidemment, les bénéfices de la forêt sont démultipliés si celle-ci fait l’objet d’une stratégie de développement et de préservation dédiée. Ainsi, la diversification des essences plantées sur une même parcelle permettra de préserver la biodiversité végétale, mais aussi animale. Et une bonne gestion du couvert forestier contribuera à l’augmentation des ressources en eau douce, car elle est absorbée et filtrée dans les sols. 

Écosystèmes et interconnexions

Réfléchir à une juste gestion de notre patrimoine forestier, c’est penser les besoins de notre société dans son ensemble. La forêt n’est pas un espace sacralisé, qui peut se concevoir indépendamment de l’homme. Elle est indispensable à notre bien-être, est un véritable bien commun, constitue l’héritage que nous laisserons à nos enfants, et s’affirme comme un enjeu économique majeur. En France, le secteur forestier représente ainsi 440 000 emplois – non délocalisables, cela va sans dire. 

Si les atouts du parc forestier ne sont plus à démontrer, se pose en revanche la question de sa préservation et de son exploitation, des parties prenantes qui doivent s’impliquer. 

La préservation de nos forêts ne doit pas demeurer le seul fait des politiques publiques, ou être une charge incombant à leurs seuls propriétaires. A l’instar d’entreprises de plus en plus nombreuses, je suis convaincue que toutes les parties prenantes de la société ont un rôle à jouer pour préserver ce qui est un bien commun. 

C’est au travers de nombreuses initiatives comme par exemple des opérations de reboisement durables, la neutralisation des émissions de CO2, l’assurance contre les tempêtes et les incendies ou encore la sensibilisation du grand public que nous contribuerons ensemble à la régénération des écosystèmes. Face à l’urgence climatique, notre réponse collective ne doit pas être de trouver un moyen de compenser nos actes, sans nous interroger sur ces derniers. Nous devons changer nos pratiques, mesurer, puis réduire, nos émissions. Un engagement qui doit être pris à tous les échelons de la société et peut engager chacun de ses acteurs. 

 

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