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Agriculture : beau fixe pour la météo prédictive

Les aléas climatiques ont occasionné près de 820 millions d'euros de dégâts assurés pour les agriculteurs français en 20161. Mieux les prévoir est l'un des enjeux de la météo prédictive, qui associe technologies et services pour protéger le monde agricole.

Agriculture : beau fixe pour la météo prédictive

Répondre à de réels besoins

En mai 2016, les agriculteurs du Libournais ont fait les frais d'un orage très violent, qui a anéanti leurs récoltes. Nombre d'entre eux ont alors fustigé l'absence d'alerte lancée par Météo-France, qui aurait permis de déclencher les canons anti-grêle et peut-être échapper à la catastrophe. Interrogés, plusieurs météorologues ont objecté l'imprévisibilité de certains phénomènes comme cette super-cellule orageuse.

Si les agriculteurs ont de tout temps intégré les aléas météos dans leurs processus de production, l'émergence des nouvelles technologies les conduit aujourd'hui à tenter de mieux les anticiper. Quitte à se passer des services de Météo-France. A Loudes (43), le service officiel de la météorologie a fermé son antenne en 2013. Les agriculteurs se sont tournés vers Internet et ont appris à jongler entre les bulletins délivrés par meteociel.fr ou pleinchamp.com  (éditeur de services en ligne dédiés aux agriculteurs du groupe Crédit Agricole).

Filiale du Crédit Agricole, Pleinchamp.com est le premier site d’information agricole français. Combinant la proximité de l’information et l’expertise des filières agricoles, il reçoit chaque mois en moyenne 3 millions de visites et 600 000 visiteurs uniques*. Ses six Services Experts, auxquels 230.000 exploitations clientes des Caisses régionales de Crédit Agricole ont accès, facilitent le pilotage des exploitations et sont autant d’outils d’aide à la prise de décision.
Pleinchamp.com

Une multiplication des opérateurs

Le marché prometteur de la météo prédictive pour l'agriculture a vu émerger une génération de nouveaux opérateurs. Ils proposent de nouveaux services présentés comme des outils d'aides à la décision très poussés. La start-up Sencrop commercialise ainsi une station agro-météorologique dont les capteurs relèvent et envoient des données en bas débit. Avantage : le volume de data est faible et parvient rapidement à l'agriculteur, qui peut les partager avec les exploitants des parcelles voisines des siennes.

De son côté, Meteus met en avant le pluviomètre de sa station météo. Positionné au plus près d'une parcelle, il communique avec ceux des autres agriculteurs équipés et permet de comparer les données météo sur plusieurs sites. Météo-France n'est pas en reste avec Taméo, un service qui combine prévisions météo et expertise agronomique pour mieux 

« prévoir les stades, prévenir les maladies et optimiser les interventions phytosanitaires, désherbage et fertilisation. »

Des agriculteurs en passe d'être conquis

Anémomètres, girouettes, pluviomètres et autres hygromètres font-ils pour autant le bonheur des agriculteurs ? Du côté des chiffres, c'est encore un peu flou : l''Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) avance

« quelques centaines d'exploitants (équipés en 2017) pour plusieurs milliers attendus l'année prochaine 2. »

Si les différents témoignages rapportés par la presse semblent saluer l'utilité potentielle des technologies de la météo prédictive, les différents opérateurs sont en tout cas attendus sur la fiabilité de leurs prestations. Une exigence bien comprise par les responsables du projet Meteus chez Isagri, qui conviennent que

« le prochain défi est de faire que toutes les données, celles des stations météo, des différents capteurs présents sur une exploitation, soient compatibles. Que tout le monde parle la même langue »3.

Demain, des solutions globales

Prémisse d'une agriculture entièrement connectée, la météo prédictive dessine les contours de solutions globales pour les exploitants. En partant de simples relevés météorologiques opérés à proximité de leurs parcelles, c'est un écosystème complet de services qui est en train de voir le jour, combinant outils d'aide à la décision et conseils agronomiques, jusqu'à de l'assurance… De quoi ne plus laisser à Dame Nature le seul privilège de la pluie et du beau temps.

 

1 Source : Bilan de l’année 2016, Fédération Française des Assurances (FFA).

2  La météo agricole personnalisée, au bonheurdes champs, AFP, 1er mars 20173 Les stations météo deviennent des outils d’aide à la décision, Terre-Net, 25 avril 2017.

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