Vers un droit des robots ? Risques émergents : bienvenue en terre inconnue
  • Innovation

« Robo-advisors » et professionnels de la gestion de patrimoine : concurrence ou complémentarité ?

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22.02.2017

Plus de 2/3 des épargnants considèrent que les services d’un conseiller financier apportent une réelle valeur ajoutée. Preuve qu’un « robot-conseiller » ne remplacera jamais un conseiller humain pour proposer un projet d’épargne adapté en lien avec les attentes du client. Mais les robo-advisors seront peut-être bientôt un symbole de plus de la nécessaire alliance de la technologie et du contact humain.

Les robo-advisors, des algorithmes complexes pour une allocation d’actifs automatisée

Pourquoi entend-on parler de « robots » dans le milieu de la banque, de l’assurance et des conseillers en gestion de patrimoine depuis quelques temps ?  Apparus aux Etats-Unis à la fin des années 2000, les « robo-advisors » (ou « robots-conseillers ») ont récemment fait leur entrée sur le marché français de la gestion d’actifs et de patrimoine (Advize, Yomoni, Marie Quantier, Fundshop, WeSave…).

L’assurance-vie multisupport en ligne est particulièrement concernée par l’arrivée de ces nouveaux acteurs mais également les PEA et les comptes-titres.

Les robo-advisors sont des outils digitaux développés sur la base d’algorithmes complexes et l’exploitation de Big Data afin de proposer aux épargnants une allocation d’actifs automatisée pour la gestion de portefeuilles de titres sur des plateformes en ligne, ce qui leur vaut parfois l’appellation « robo allocator ». Les algorithmes sont paramétrés en fonctions de critères fournis par l’épargnant. L’assurance-vie multisupport en ligne est particulièrement concernée par l’arrivée de ces nouveaux acteurs mais également les PEA et les comptes-titres.

Les différents robo-advisors présents sur le marché français ne proposent pas tous le même mode de gestion :

  • gestion conseillée : l'épargnant gère lui-même son portefeuille. La plateforme lui fournit des recommandations automatisées d'allocation d’actifs ainsi que des conseils d'arbitrage qu'il décide de suivre ou non ;
  • gestion déléguée (ou gestion sous mandat) : l'épargnant est entièrement pris en charge. Il remplit un questionnaire sur la plateforme pour établir son profil de risque. Selon les résultats, la plateforme lui recommande l'un des profils existants. A chacun d'entre eux, correspond une allocation d'actifs. Puis il signe un mandat de gestion. La plateforme s'occupe de lui ouvrir un ou des produits de placement (assurance-vie, PEA, compte-titres) et assure la gestion de l’allocation des actifs. L’épargnant est simplement informé des opérations effectuées.

Les robo-advisors n’excluent pas pour autant toute intervention humaine. Une place, plus ou moins importante, est laissée à l’humain. Ainsi, certains robo-advisors font appel à une équipe de gestion pour finaliser les propositions d’allocation d’actifs.


Les robo-advisors constituent une nouvelle opportunité pour les assureurs et professionnels de la gestion de patrimoine

Avec une dizaine d’acteurs pour moins de 7 000 clients et moins de 100 millions d’euros d’encours conseillés ou sous gestion, le marché des robo-advisors français reste relativement confidentiel. Il est d’ailleurs nettement moins dynamique qu’aux Etats-Unis où les trois principaux robo-advisors (Betterment, Wealthfront et Personal Capital) géraient à eux seuls plus de 9 milliards de dollars d’actifs à fin avril 2016.

Si le côté « robot » plait aux Etats-Unis, cela est moins le cas en France où l’accompagnement humain est fortement valorisé. Preuve en est, la difficile percée des contrats d’assurance vie vendus exclusivement en ligne, qui captent seulement 3,2 % de la collecte brute totale d’assurance vie.

68 % des épargnants considèrent que les services d’un conseiller financier apportent une réelle valeur ajoutée.

Les épargnants s’intéressent de plus en plus à leur épargne, notamment en prévision de leur retraite. Ils attendent des conseils réguliers et experts, apportant de la performance à leur portefeuille. 68 % des épargnants considèrent que les services d’un conseiller financier apportent une réelle valeur ajoutée. Ils attendent un véritable accompagnement personnalisé pour la gestion de leur épargne, avec un conseil adapté à leur situation. Dégager un profil de risque et proposer une allocation d'actifs en adéquation avec ce profil, ce que peut faire un « robot », ne représente qu'une partie du service. Rien ne peut remplacer la relation humaine lorsqu’il s’agit d'écouter l’épargnant et d’effectuer une analyse approfondie de son patrimoine afin de bâtir avec lui sa stratégie patrimoniale avec précision. Le lien de confiance noué avec le conseiller spécialisé est essentiel dans la décision d’investissement.

La véritable opportunité : l’alliance de l’expertise humaine et des robots

Grâce à la synthèse entre humain et robot, les robo-advisors peuvent représenter une opportunité de développement pour les institutions financières « traditionnelles » et les assureurs, en particulier via leurs réseaux de CGPI. Plutôt que d’y voir une menace, ils peuvent voir dans les robo-advisors l’occasion :

  • de repenser la relation client grâce à un parcours digital enrichi et à des offres de services de plus en plus sophistiquées ;
  • d’acquérir de nouveaux clients en s’adressant à une population qui n’avait pas accès, jusqu’ici, au conseil en investissement.


Chez Crédit Agricole Assurances, Spirica manifeste un intérêt particulier sur ce secteur des Fintech et robo-advisor, et encourage l’ensemble de ces développements, qui constituent l’avenir de la distribution, notamment auprès de la clientèle des jeunes adultes. Les robo-advisors permettent en effet d’offrir à un client une allocation d’actifs qui correspondent à son appétence aux risques, à ses objectifs, et faire en sorte que la performance financière attendue soit maximisée par des outils intelligents.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y a donc pas véritablement d’opposition entre les acteurs traditionnels de la gestion de patrimoine et les robo-advisors mais plutôt une forme de complémentarité.

Sources : Etude Finance Innovation et Chappuis Halder & Co « Robo-Advisors : une nouvelle réalité dans la gestion d’actifs et de patrimoine » (juillet 2016) - JDN (27/06/16) - La Tribune de l’Assurance (01/09/16)- Les Echos (29/09/16)

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